pelloche

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mardi 15 août 2017

La la car: Baby Driver


J'aime mes écouteurs. Depuis mon premier baladeur (celui où tu mettais des K7, ouais), j'en ai toujours une paire dans mon sac.Les écouteurs sont des portes vers des mondes parallèles, bien plus efficaces et moins encombrantes que celles de Sliders (attention, cet article est confit de références de viocs). C'est le meilleur moyen pour échapper à la réalité quand elle fait la grimace.

Chausser des écouteurs en sortant le matin, c'est la meilleure façon de faire avancer mon cerveau plus vite que mes pieds. Un podcast peut te téléporter dans un amphi d'université, une fiction radiophonique peut t'intégrer au coeur même d'un récit, comme bien peu de films parviennent à le faire. Et je parle même pas de la musique. La musique, c'est déjà un des phénomènes les plus puissants de la planète (Ste Virginie Despentes de l'annonciation vernonnique, priez pour nous). Mais dans tes écouteurs, la musique peut plus que les drogues et les hommes, plus que la politique et les images: lorsqu'elle retentit à tes oreilles, la musique change le monde à son image. Le son dans ta tête modifie ce que tu vois, ce que tu sens, ta démarche, ton sourire, tes mouvements. Cette envie presque irrépressible de chanter à tue-tête quand tout le monde fait la gueule dans le métro, de danser dans un rayon de supermarché, de chialer dans une rue bondée, de te recueillir dans une file d'attente à la préfecture. La musique et tes écouteurs te donnent ça, un rythme, une couleur, une émotion pour l'instant.



Mais quand un acouphène parasite tes jours et tes nuits, tes écouteurs ne sont pas simplement des objets qui embellissent la vie, ils deviennent les instruments vitaux qui sont les seuls à la rendre supportable. Baby, qui a les siens vissés en permanence aux pavillons en sait quelque chose. Depuis le tragique accident qui a fait de lui un orphelin, le seul moyen d'alléger son acouphène et de se concentrer est d'écouter en permanence de la (bonne) musique. Et de la concentration, il en a véritablement besoin, parce qu'il est un chauffeur exceptionnel. Exceptionnel au point que Doc (Kevin Spacey), qui organise des braquages de banques fructueux, ne peut plus se passer de lui. Sauf que Baby a d'autres aspirations: la liberté, la musique et une jolie serveuse à la voix séduisante.

Baby Driver, pour moi, ça a été la très bonne surprise de l'été, le blockbuster qui correspondait pile à ce que j'avais envie de voir: un cocktail bien frappé d'action, d'humour et de musique.



Il est vrai que je partais avec un bon a-priori. D'abord pour le réalisateur, Edgar Wright, réalisateur british que j'aime suivre depuis la série Spaced dont il a mis en scène de nombreux épisodes (série à découvrir absolument si ça n'est pas encore fait). Tous ces films sont des films que j'aime voir et revoir, de Shaun of the Dead à Scott Pilgrim. Ce sont des films drôles, malins, bien écrits et avec une belle économie du scénario, pleins de références dans lesquelles je me retrouve, aussi bien cinématographiques que musicales, et sacrément divertissants.

Baby Driver ne fait pas exception à la règle. Il est bien tout cela, mais il est aussi un peu plus. Il est drôle, oui, mais ça n'est pas uniquement une comédie. Alors oui, Shaun of the Dead était aussi un vrai film de zombie, Hot fuzz un vrai buddy movie et Scott Pilgrim un vrai teen-movie, mais tous étaient avant tout une comédie. Les frontières sont encore plus floues avec Baby Driver. En bon amateur de genre qu'il est, Edgar Wright fait le pari de réussir plusieurs films en un seul: le film de braquage, de course-poursuite en bagnole, la comédie, le parcours initiatique et de rédemption, l'histoire d'amour et la comédie musicale. Et ça fonctionne, ça fonctionne même très bien, à tel point qu'on ne se pose même pas vraiment la question quand on est devant parce que l'ensemble est d'une cohérence confondante: tout semble couler de source et le mélange des genres ne choque pas parce que tout est construit sur une mécanique bien huilé:  aucun accroc, ça passe tout seul.



En terme de scénario, donc, comme en terme de mise en scène, c'est diablement efficace. Tout sert, pas de gras, pas de longueur, pas de scène inutile. Tout est justifié, et les personnages, même s'ils sont parfois caricaturaux, fonctionnent sur des enjeux qui les rendent plutôt crédibles. Une seule invraisemblance pour moi: pourquoi un mec comme Doc s'acharne-t-il à bosser avec un mec aussi peu fiable que le tavelé Bats (Jamie Foxx), je ne me m'explique pas. En parlant des personnages, justement, parlons du casting. Ansel Elgort est vraiment bien. Mignon, mais pas trop, il parvient à émouvoir malgré son mutisme et puis bon, je dois bien avouer qu'il arrive à obtenir un truc dont je ne le croyais pas capable: la classe. Lily James, que j'ai tendance à trouver généralement énervante, ne l'est pas du tout ici. Je ne sais pas si c'est le fait d'avoir troqué son accent super posh anglais contre un petit accent ricain, ses costumes de princesse pour une tenue de serveuse, mais là, dans la sobriété, elle est pas mal du tout, et avec Elgort, ils forment un très joli couple de tourtereaux menacés. Pour les seconds rôles, on a que du bon: Kevin Spacy, Jamie Foxx, John Hamm, CJ James et des apparitions qui font sauter de joie tout amateur de rock et de cinéma: Flea et Paul-Phantom-of-the paradise-Williams. Tout le monde a l'air de bien s'amuser, et c'est plutôt bonnard à voir.



Mais là où je trouve le film le plus réussi, et où Wright m'épate, c'est dans la réalisation. C'est vrai que c'est peut être la première fois qu'il a accès à de tels moyens pour une mise en scène, mais j'ai trouvé ça épatant. On savait déjà qu'il avait un sens du rythme indéniable (vous vous souvenez la scène de tabassage de zombie au son de Queen dans Shaun of the dead?), mais là, ça fait tout simplement super plaisir à voir. La première scène, dont je ne préfère rien dévoiler tant elle fait rentrer dans le film de plein pied est une chorégraphie de musique et d'action de toute beauté, un gros shot d'adrénaline. Une scène où les personnages ne parlent presque pas et où la musique semble guider, et même créer l'action. Quand arrive le générique, on est déjà dans un état d'excitation maximal. Et puis il y a ce beau plan séquence, qui met gravement à l'amende le plan-séquence d'introduction de La la Land, tant il est précis, juste, rythmé, beau, enthousiasmant et pourtant (et contrairement à l'épate de Chazelle) relativement modeste. Ici, bizarrement, rien ne semble artificiel, malgré toute la sophistication du truc et les situations complètement improbables, peut-être grâce à l'efficacité de l'action, et à la sympathie immédiate qu'on a pour ce petit mec avec ses écouteurs qui laisse le son tenir le volant.

Ouais, les écouteurs, ça rend la vie plus belle, mais, avec la bonne chanson, elle peut aussi sauver tout simplement la sauver.










mardi 1 août 2017

Le ciné-club de Potzina: Bijoux de famille


Le mois de juillet est terminé, et je clos ainsi Le ciné-club de Potzina de ce mois sur le thème Bijoux de famille.
Je suis ravie de diverses participation, qui ont su nous montrer combien le sujet était foisonnant: vous allez voir, ça ne manque pas de variété:

- Nous accueillons tout d'abord un nouveau participant, Roi Joyeux, qui nous invite à (re)découvrir un film noir familial et vénéneux, The Strange affair of Uncle Harry.



- La chambre rose et noire a pris le relais avec une comédie charmante et charmeuse, Beautés empoisonnées, où une mère et sa fille font tourner les têtes pour se remplir les poches.



- Puis The Movie Freak nous a proposé un jeu des 10 familles du cinéma, un beau panel très varié.



- Bagarang Daily, de son côté, en a choisit 5 et pas des moindres, les plus grandes dynasties cinématographiques



- Enfin, j'ai voulu vous parler d'une famille de doux-dingues avec The taste of tea.



Je remercie tous les participants et passe le relais à La chambre rose et noire pour ce mois d'août. j'ai hâte de voir ce qu'elle nous concocte...