pelloche

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lundi 17 avril 2017

Dyke hard: tröm'arc en ciel

 
Les éditions Outplay m'ont fait le grand plaisir de me faire parvenir le DVD d'un film sur lequel je lorgnais dès l'annonce de sa sortie, à la simple vue de sa sémillante jacquette, le film suédois et hautement barré Dyke Hard.

En effet, difficile de résister à une telle avalanche de "mauvais" goût d'excellente facture: du glam rock avec perruques et spandex fleurant bon les souvenirs émus de Jem et les hologrammes, des arts martiaux, des couleurs qui flashent, une typo so 86 et un titre-jeu digne des meilleures productions Troma. En bonne amatrice de ces dernières productions, de John Waters et de cinéma queer survolté, quelque chose me disait que ce film allait me plaire.


Dyke Hard, c'est l'histoire d'un groupe de rock féminin déclinant qui veut retrouver les chemins de la gloire et, pour cela, participe à un concours. Mais les embûches sont nombreuses, entre une maison hantée, un étrange complot et une effroyable ancienne chanteuse en mode Terminator. Même le pitch super foutraque n'était qu'une promesse de délicieux divertissement.

Outplay ne s'était pas trompé: j'étais bien la cible idéale de ce film de Bitte Andersson.

D'abord parce que Dyke Hard est un film Z revendiqué, qui porte haut son étendard coloré de film queer et fauché. C'est avant tout le film avant tout le film d'une communauté suédoise qui a décidé de s'amuser, malgré les tout petits moyens, et qui nous fait partager son plaisir. En effet, tout a commencé par une annonce posée par la réalisatrice dans une librairie, recrutant des volontaires pour réaliser un film à petit budget, comme un projet culturel pour rassembler la communauté locale. Ce film est donc le fruit du travail de nombreux non-professionnels et le fait d'assumer complètement le manque de moyen pour s'ancrer résolument dans le Z fait preuve d'un excellent choix de positionnement de la part de la réalisatrice.



Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si ce choix s'est porté sur un film de genre foutraque: Bitte Andersson vient d'un univers que les zinéphiles connaissent bien, puisqu'elle a travaillé dans les studios du Xanadu du Z, Troma.

Les studios Troma sont responsables de films de genre, souvent fantastiques, aux budgets aussi serrés que les combis en skaï de ScarJo et à la distinction qui donnerait des crises cardiaques à Cristina Cordulla: Toxic Avenger, Tromeo et Juliette, Cannibal The Musical. Au programme, des effets spéciaux en mode DIY, des acteurs au talent contestable, des scénarii à la waneguène (comment ça, ça se dit plus, waneguène?), et beaucoup, beaucoup de fun.

Dyke Hard ne renie rien de cet héritage et utilise les mêmes recettes de Gloubiboulga follement jouissive: du glam-rock, du film de prison, de la comédie musicale, du teen-movie, des fantômes, de la SF, du taekwondo, de l'amitié et de l'amour. c'est foutraque, ça va n'importe où, n'importe comment, ça joue comme ça peut mais c'est du fun en barre. Tout le monde donne l'impression de s'éclater comme des fous et c'est terriblement communicatif.



L'autre influence qui me semble planer sur ce film, c'est celle de notre bien-aimé John Waters. Le même vision de la sexualité débridée et décomplexée que le moustachu, la même drôlerie régressive, le même goût du mauvais goût, la même façon de l'ériger au rang d'art, le même amour des personnages hauts en couleur, la même joie visible à l'écran.

Alors oui, Dyke hard, parce que c'est un film communautaire, a quelque longueurs tout à fait compréhensibles: quand des gens acceptent de participer bénévolement, voire à aider à financer un tel projet, c'est difficile de couper la scène où ils apparaissent, donc cela reste à mon sens relativement acceptable.



D'autant que malgré quelques côtés "Amateur" et le petit budget, il y a quelques morceaux de bravoure qui me donnent bien envie de suivre ce que va faire Bitte Anderssen par la suite: des effets visuels numériques tout à fait honorables, du SFX DIY d'excellente facture, et de l'audace de mise en scène par moment qu'on attendait pas forcément dans un tel film.

Aucune raison donc de bouder son plaisir devant ce film ludingue (ludique et dingue, j'ai décidé que ce mot existait) dont la seule ambition est de nous faire partager le plaisir pris à le faire. En ce qui me concerne, l'objectif est atteint.










2 commentaires:

  1. Un film déjanté comme ça, pourquoi pas? J'aime beaucoup John Waters!

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